Barcelone : Henry à la recherche du temps perdu

Titularisé seulement pour la troisième fois de l'année 2010 avec le FC Barcelone, le week-end dernier face à Santander, l'international français pourrait une nouvelle fois être en haut de la feuille de match en Ligue des champions face à Stuttgart. Mais avec l'émergence de Pedro, la concurrence est rude...


Intouchable en 2008/2009, Henry est dans l'expectative cette saison

Pep Guardiola avait surpris tout son monde samedi en titularisant Thierry Henry à la pointe de l'attaque barcelonaise face à Santander. Doublera-t-il la mise au Mercedes Arena de Stuttgart ce soir ? Avec seulement treize titularisations en championnat pour trois buts, l'ancien Gunners connaît une saison contrastée. De retour aux affaires l'an passé avec 26 réalisations en 41 rencontres, l'attaquant de l'équipe de France avait retrouvé son lustre d'antan. Vif, au top physiquement, "Titi" était une pièce maitresse du système cule, au même titre que les Eto'o, Xavi, et autres Messi.

Depuis, la donne a changé. En proie à des pépins physiques, le natif des Ulis éprouve les pires difficultés à maintenir le même niveau de performance. Pis encore, le trentenaire se fait voler la vedette par une jeune pousse de la Masia - centre de formation du FC Barcelone - Pedro. Insatiable, son cadet de dix ans est tout bonnement devenu le premier joueur à marquer dans six compétitions différentes au cours de la même (Liga, Coupe du Roi, Supercoupe d'Espagne et d'Europe et Ligue des champions). Avec six buts en douze titularisations, Pedrito - son surnom - est devenu grand. Tellement grand que Thierry Henry, champion du monde, champion d'Europe et vainqueur de la C1 - excusez du peu - doit se contenter des miettes.

Une idole nationale au bûcher ?

Pourtant, l'entraîneur azulgrana Pep Guardiola maintient une haute estime pour son joueur. En conférence de presse, l'entraîneur catalan a déclaré que "Thierry Henry est plusieurs échelons au-dessus de Pedro. "Titi" s'est bagarré pendant longtemps, alors que Pedro commence à peine à le faire, même s'il marque beaucoup en ce moment". Même son adversaire du soir et ancien partenaire à Arsenal, Jens Lehmann, idolâtre l'ancien canonnier londonien : "Je suis très surpris qu'il soit souvent remplaçant. A Arsenal, je l'ai admiré, même si, à l'entraînement, nous avions des disputes. Mais je suis fier d'avoir été son coéquipier et de voir de quelle aura il jouissait en Angleterre. Je n'avais encore jamais vu ça. Même chez les adversaires, il était intouchable. Ils n'osaient pas l'attaquer."

Si ces propos n'étonnent guère, tant Henry a apporté au football anglais et plus particulièrement à Arsenal, le gardien allemand parle d'Henry au passé. Tout un symbole. A bientôt 33 ans, Henry court après le temps perdu. La Coupe du monde se profilant en juin prochain - son ultime objectif - l'attaquant des Bleus est de plus en plus décrié, laisse de plus en plus les observateurs sur leur faim. Alors, la saison de trop pour Thierry Henry ? Il suffirait qu'il soit titularisé à nouveau ce soir face à Stuttgart et qu'il marque, pour que la presse, volatile, l'encense comme à la grande époque. Qu'elle est dure la vie d'icône nationale...



Article lu 1996 fois. Rédigé le Mardi 23 Février 2010 par Julien Froment